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La mythologème de l’Exode. Pourquoi le « Moïse russe » n’est-il pas entré en Terre promise ?

Il a fallu quarante ans aux anciens Hébreux pour surmonter mentalement l’esclavage et entrer en Terre promise. Combien de temps nous faudra-t-il pour dépasser le passé soviétique ?

Manifestation sur la place Manezh contre l’usage de la force militaire par l’armée soviétique envers la Lituanie. Moscou, 20 janvier 1991. Photo : DR

On parle parfois de l’époque postsoviétique en termes d’Exode des Hébreux hors d’Égypte. Certains, comme le métropolite Antoine de Sourozh, prédisaient déjà dans les années 90 que la sortie du passé soviétique ne serait ni rapide ni facile, mais ressemblerait à la longue errance de Moïse et de son peuple dans le désert. Aujourd’hui, alors qu’il devient de plus en plus évident que le pays s’est retrouvé dans une impasse stratégique, il est difficile de ne pas être d’accord avec cette comparaison. Comment se fait-il qu’au lieu d’avancer vers une société ouverte, vers la liberté, les droits de l’homme, l’intégration internationale, nous soyons repartis vers l’isolationnisme et la stagnation, vers les anciens schémas impériaux dominés par le militarisme ?

Les personnes réfléchies tentent de répondre à cette question à différents niveaux. Certains expliquent les échecs par l’échec des réformes politiques sous Eltsine, qui a empêché l’émergence de véritables institutions démocratiques. D’autres estiment que le peuple n’était pas prêt à la liberté, et qu’il est donc revenu en arrière et a facilement accepté une nouvelle forme d’asservissement. D’autres encore blâment l’Occident de ne pas nous avoir tendu la main et de ne pas avoir soutenu la naissance d’un État libre dès le début, continuant à nous voir comme un ennemi et un concurrent militaire — et donc à ne pas avoir favorisé les réformes.

Sans doute, toutes ces approches ont leur part de vérité. Néanmoins, l’analyse de la mythologème de l’Exode, mise en avant dans le titre de ce texte, demande un effort de réflexion supplémentaire. Les anciens Hébreux ont mis quarante ans à surmonter mentalement l’esclavage et à entrer en Terre promise. Combien de temps nous faudra-t-il pour dépasser, en la comprenant, notre histoire soviétique ? Et que signifiera ce dépassement ? Comme quelqu’un l’a dit : «  Nous pouvons sortir d’Égypte, mais comment faire sortir l’Égypte de nous ?  »

Mais posons d’abord une autre question : pourquoi le Moïse biblique, ainsi que la majorité du peuple, n’est-il pas entré en Terre promise ?

Il y a une réponse évidente. Elle est donnée dans les livres bibliques des Nombres et du Deutéronome. Selon les Écritures, Moïse et Aaron ont été punis parce qu’ils «  n’ont pas cru  » en Dieu et ont frappé le rocher (au lieu de parler) pour en faire jaillir de l’eau (Nomb. 20:7-13). Cela s’est produit la quarantième année de l’errance. Quant au peuple, il a fauté en ayant peur de conquérir la terre à cause du «  péché des éclaireurs  », alors que telle était la volonté de Dieu (Nomb. 13:1-34). Le «  péché du peuple  » a eu lieu trente-huit ans avant celui de Moïse. C’est après l’épisode des éclaireurs qu’Israël est parti pour trente-huit ans d’errance dans le désert.

Cependant, Pinhas Polonsky, commentateur contemporain juif des Écritures, propose une autre interprétation, plus cachée, de ces événements. Selon lui, la raison pour laquelle Moïse n’est pas entré en Terre promise est différente, et l’histoire de «  l’eau de Meriba  » n’est qu’un prétexte masquant la véritable cause. La véritable raison est que Moïse, au début de l’Exode, était un leader spirituel de type autoritaire. Il ne savait pas dialoguer, il commandait surtout. Sa direction reposait sur l’obéissance, non sur le dialogue, sur les miracles, non sur la discussion approfondie des décisions prises. Ce type de leadership était pertinent pendant la période de transition, quand il fallait avancer rapidement, mais il n’était pas adapté à la vie en Terre promise. Des hommes libres ont besoin d’autres types de dirigeants.

Évidemment, il n’y a pas eu de Moïse en tant que personne dans la Russie de la seconde moitié du XXe siècle. Mais il est sans doute pertinent de parler d’un «  Moïse collectif  ».

Essayons de regarder quelles étaient les élites intellectuelles de notre société à l’époque soviétique et postsoviétique, et réfléchissons à la façon dont leur vision du monde et leurs principes de vie ont influencé le choix du peuple.

Les élites intellectuelles et l’anti-projet

C’est sans doute Alexandre Soljenitsyne, l’un des critiques les plus intransigeants du régime soviétique, qui s’est exprimé le plus fort sur l’anti-communisme. Exilé sous l’URSS, puis revenu triomphalement, auteur d’œuvres monumentales comme «  L’Archipel du Goulag  » et «  La Roue rouge  », prix Nobel, Soljenitsyne plaidait pour la renaissance du peuple russe dans sa forme pré-soviétique.

Au projet de Soljenitsyne s’opposait, sur le plan idéologique et politique, le «  projet Sakharov  », autre prix Nobel. Leur polémique remonte aux années 60-70. Les deux ont même proposé leurs propres versions de la Constitution. Il faut dire qu’aucun de ces projets n’a été pleinement réalisé. Cependant, leurs idées ont été discutées par l’intelligentsia et, d’une manière ou d’une autre, prises en considération par les détenteurs du pouvoir.

Sakharov proposait de bâtir le pays sur les principes de convergence, d’internationalisme, de démocratie et sur l’idée, populaire parmi les physiciens, d’un Gouvernement mondial, défendue déjà par Albert Einstein. Il s’agissait de rapprocher et de prendre le meilleur du système capitaliste occidental et du système socialiste soviétique. À terme, on espérait réunir tous les peuples de la Terre, quelle que soit leur race, leur nationalité ou leur religion.

Soljenitsyne était critique envers l’idée de Sakharov. Il voyait dans la société occidentale ses propres défauts : «  Deux sociétés souffrant de vices, qui se rapprochent peu à peu, que peuvent-elles donner ? — une société immorale au croisement  » écrivait-il à Sakharov dès 1968, à propos des vices de l’Occident et de l’Orient. Soljenitsyne proposait de développer le pays sur les principes du nationalisme russe, du patriotisme, d’un autoritarisme modéré et de l’orthodoxie russe traditionnelle. Il proposait (il est important de noter que cette proposition date d’avant la chute de l’URSS) que le futur État soit fondé sur trois peuples slaves : Russes, Ukrainiens et Biélorusses. Les autres peuples (Caucase, Volga, Sibérie) pourraient s’y rallier. La question des droits de l’homme et de la construction d’institutions démocratiques préoccupait peu Soljenitsyne, même si son projet accordait une place à l’autonomie locale — la «  démocratie des petits espaces  ».

En substance, Soljenitsyne, à la suite de Dostoïevski, utilisait dans ses réflexions le «  mythe du peuple russe  », porteur d’une force spirituelle. Grigori Pomérants, autre participant au «  duel des géants  » à distance, tenta d’opposer au mythe soljenitsynien du peuple celui de l’intelligentsia. Si le peuple a besoin d’un chef, d’un prophète, prenant toute la responsabilité et indiquant une direction unique, l’intelligentsia a besoin de penseurs engagés dans un dialogue, où chaque jour s’opère un retournement vers la profondeur et la hauteur. Pomérants ne pouvait accepter le caractère unilatéral des idées de Soljenitsyne. Il disait que «  le diable commence par l’écume sur les lèvres de l’ange  », et que le mal peut réapparaître sous d’autres formes et dans d’autres emballages idéologiques.

L’anticommunisme ne garantit pas la libération du mal. Dans sa partialité, il peut lui-même devenir la source d’un nouveau mal, s’il ne se trouve pas un contrepoids intérieur approprié. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé. La dictature soviétique du parti communiste a été remplacée par une dictature personnelle, s’appuyant sur les services spéciaux et un cercle restreint proche du pouvoir.

Dans ses réflexions sur les subécumènes, Pomérants compare la Russie à l’Indonésie et au Japon, soulignant des problèmes similaires. L’Indonésie est un État à culture filiale par rapport à l’Inde, où se mêlent de façon éclectique des schémas indiens, musulmans et animistes sans véritable synthèse. D’où un chaos latent, que la machine d’État policière doit contenir. La culture japonaise est filiale par rapport à la Chine. Pendant des siècles, des périodes d’ouverture, d’intégration ont alterné avec l’auto-isolement.

En Russie, la culture russe est filiale de la culture byzantine, et, comme en Indonésie, elle mêle sans synthèse chrétianisme, islam, bouddhisme et animisme, ce qui engendre aussi un chaos latent, contenu par la terreur politique. Comme le Japon, la Russie a connu des périodes d’isolement et d’ouverture. Mais la culture filiale a aussi un avantage : elle peut ne pas traîner avec elle les vestiges du passé, comme la culture américaine, filiale de l’Europe. La culture américaine, par exemple, ignore le féodalisme.

Selon Pomérants, un dialogue des cultures et des forces sociales est nécessaire. Le dialogue comme principe fondamental, qui atténue les contradictions. Puisque la culture du dialogue ne s’est pas vraiment enracinée dans le pays, elle est remplacée par un système policier, qui résout les contradictions par la force.

La mise en œuvre pratique

Dans les années 90, le désir de rompre avec l’idée communiste était si fort, et la peur de revenir au passé soviétique si grande, qu’on voulait éliminer rapidement toute possibilité de retour en arrière. C’est d’ailleurs avec ce slogan que Boris Eltsine est arrivé au pouvoir. La privatisation rapide et la mise en place de mécanismes de marché par le Premier ministre Egor Gaïdar visaient à rendre impossible le retour à l’économie planifiée et à la confiscation des biens. La nouvelle Constitution russe copiait largement la Constitution tsariste d’avant la révolution, où le rôle de l’autocrate revenait au président. Il semblait, surtout après la victoire sur les communistes aux élections, que la porte vers l’URSS était solidement barricadée.

Mais, de ce côté de la porte, il s’est vite avéré que beaucoup étaient mécontents des «  réformes d’Eltsine-Gaïdar  ». Un des critiques les plus constants de ces réformes, Grigori Iavlinski, affirmait que la privatisation criminelle avait conduit à la fois à la régression des institutions démocratiques (élections, médias libres et justice indépendante) et à l’expansion militaire hors des frontières du pays.

Rencontre entre Alexandre Soljenitsyne et Vladimir Poutine, 12 juin 2007. Photo : kremlin.ru

Dans les narratifs idéologiques poutinesques, c’est tacitement le «  projet du monde russe  » qui l’a emporté, reprenant beaucoup des idées de Soljenitsyne (même si, bien sûr, ces idées ne justifiaient en rien une voie militaire, puisqu’elles ont été formulées avant la chute de l’URSS). On peut dire que le «  projet du monde russe  » est toujours un anti-projet, fondé sur la destruction du passé communiste et la restauration partielle du passé monarchique d’avant-avant, mais sans ambition de construire un avenir complexe.

L’Église sort-elle de son sommeil ?

La vision monothéiste, selon laquelle les différents phénomènes du monde ont pour cause une unique Force personnelle et vivante, suppose une connexion entre la vie ecclésiale et la vie sociopolitique, comme «  étage supérieur  » et «  étage inférieur  » d’un même édifice spirituel et matériel. Bien sûr, la vie politique ne peut être une projection directe de la vie ecclésiale (et vice versa), mais un certain lien entre les deux demeure observable.

Le thème biblique de l’Exode nous ramène naturellement à l’héritière spirituelle de la Bible : l’Église. Jetons un œil à l’histoire ecclésiale de l’époque postsoviétique et voyons ce qui s’y passe.

Il faut dire que, dans l’Église, l’expérience soviétique était perçue par beaucoup comme un analogue de la captivité babylonienne biblique, qui dura à peu près aussi longtemps. D’un côté, à l’époque biblique, l’exil était une punition pour les péchés, de l’autre, il a permis un renouveau religieux, avec à la sortie de l’exil un «  saint reste  » porteur de nouvelles formes et de nouveaux accents dans la vie spirituelle.

Ces nouvelles formes et nouveaux accents, dans les années 80-90, se sont principalement manifestés dans les cercles liés aux prêtres Alexandre Men et Gueorgui Kochetkov. On peut dire qu’ici, une nouvelle norme de vie ecclésiale a été révélée. Certains aspects de l’ecclésialité et de la piété, importants pour la majorité des autres paroisses et communautés orthodoxes, sont atténués chez les «  menévites  » et les «  kochetkovites  ». Le père Alexandre Men et le père Gueorgui Kochetkov, dans leur pratique, se réfèrent avant tout au christianisme primitif, aux Évangiles et à l’époque apostolique de l’histoire de l’Église. Les textes et pratiques post-bibliques, les canons et coutumes, la Tradition dans son ensemble ne sont pas rejetés, mais plutôt mis en sourdine. L’accent est mis sur la catéchèse, la vie communautaire, l’éducation spirituelle, l’étude des Écritures, la participation au renouveau eucharistique… Dans ces cercles, les travaux des représentants de la l’école théologique de Paris sont également très appréciés.

Dans les années 90, cette expérience a été stigmatisée comme marginale et toxique par de nombreux représentants influents de l’Église orthodoxe russe, mais avec le temps, de plus en plus de croyants s’y sont référés comme à un modèle, en adoptant au moins certains éléments de cette expérience. Aujourd’hui, on peut affirmer avec certitude que cette voie de vie communautaire non hiérarchique n’est plus perçue comme étrangère à l’Église. De nombreux centres culturels et éducatifs orthodoxes et communautés ecclésiales s’en inspirent d’une manière ou d’une autre.

Cependant, la renaissance ecclésiale comme retour aux formes de piété d’avant la révolution continue de dominer numériquement. C’est précisément au sein de cet orthodoxie non renouvelée, figée dans l’asservissement au rite et à la lettre du canon, que s’exprime le principal soutien à Poutine et à l’«  opération militaire spéciale  ». L’idée de symphonie entre l’Église et l’État est perçue comme la base morale du soutien de l’Église aux actes de l’État.

Au sein de la Fraternité de la Transfiguration, fondée par le père Gueorgui Kochetkov, on tente récemment de réfléchir à l’idée russe en tant que telle. Au cœur de cette réflexion se trouvent, comme chez Soljenitsyne, les principes de l’anticommunisme et du repentir national pour le passé. On peut sans doute dire que le père Gueorgui Kochetkov est un leader spirituel au mode de direction directif. En cela, il ressemble au Moïse biblique. Il est inflexible dans sa volonté d’aller de l’avant sans retourner à la «  viande d’Égypte  », et coupe court aussi bien aux calomnies des «  loups déguisés en moutons  » (la renaissance ecclésiale sous les formes d’avant la révolution) qu’à l’opposition interne («  la révolte de Coré  »). Dans la Fraternité, il n’y a pas de place pour le dialogue ou la concurrence des idées. Pourtant, ceux qui sont engagés dans le mouvement ressentent bien sûr une inspiration particulière à participer à la renaissance authentique de la vie ecclésiale dans son sens profond.

Mais, en s’appuyant sur les réflexions de Pinhas Polonsky, on peut se demander : est-ce vraiment ce type de leadership qui est nécessaire pour la vie en «  Terre promise  » ? Il n’est pas un secret que beaucoup perçoivent la Fraternité comme un ordre de transition. Des milliers de personnes ont suivi la catéchèse et reçu une formation spirituelle (sans doute dans la meilleure faculté de théologie du pays — l’Institut Saint-Philarète), mais moins de 20 % sont restés dans la fraternité et y ont trouvé leur vocation. Il est difficile de rester longtemps dans un mouvement où dominent l’obéissance et le service, mais sans autonomie, sans dialogue interne et sans concurrence des idées.

Dans les cercles liés au nom du père Alexandre Men, la situation est un peu différente. Dans les communautés post-ménévites et les groupes bibliques, il y a du dialogue et de l’ouverture, un mouvement vers le dialogue des cultures, des confessions, des religions. Il n’y a pas d’obsession pour l’idée russe. Mais on observe un retour aux formes paroissiales de la vie ecclésiale avec leur cléricalisme, leur ritualisme, leur «  talmudisme  » canonique, et une atmosphère particulière de petit monde orthodoxe clandestin, où les paroissiens ne pensent qu’à ne pas déplaire aux autorités ecclésiastiques.

Bonhoeffer ou Adenauer ?

Bien sûr, la situation actuelle dans l’orthodoxie russe est unique. Mais on la compare parfois à celle de l’Église allemande des années 30-40 du siècle dernier. À l’époque, l’Église d’Allemagne s’est en fait divisée en deux : l’Église confessante (minoritaire) et la «  Reichskirche  », qui soutenait les initiatives d’Hitler, y compris les innovations théologiques antisémites. Il est important de noter que, du point de vue ecclésiologique, l’Église luthérienne allemande permettait une telle division. Une minorité de paroisses avec leurs pasteurs a rejoint l’Église confessante, la majorité la Reichskirche.

Dans l’Église orthodoxe russe, le débat sur le soutien ou non aux actions du pouvoir en place n’existe pas. L’épiscopat monarchique ne tolère pas la divergence d’opinions.

Dans la cathédrale du Christ-Sauveur, Vladimir Poutine a félicité le patriarche de Moscou et de toute la Russie pour la fête. À la demande du Président, le patriarche Cyrille a béni des croix pectorales pour les commandants des groupes de troupes accomplissant des missions particulièrement importantes dans la zone de l’«  opération militaire spéciale  ». Moscou, 7 janvier 2025. Photo : service de presse du patriarche / kremlin.ru

Quiconque a un point de vue différent de celui du patriarche se tait ou est privé de son rang (s’il s’agit d’un clerc). C’est pourquoi la «  voie de la résistance  », adoptée dans les cercles proches de Dietrich Bonhoeffer, est peu probable en tant que voie officielle de l’institution ecclésiale. Cela n’exclut pas des manifestations individuelles de confession et d’intransigeance.

Ni Bonhoeffer ni ceux qui partageaient ses idées n’ont pu empêcher le nazisme. On sait que Dietrich Bonhoeffer a été pendu le 9 avril 1945 au camp de concentration de Flossenbürg sur ordre spécial d’Hitler. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne a commencé à repenser la période nazie de son histoire ecclésiale. Une «  théologie après Auschwitz  » est apparue. En grande partie grâce aux efforts de Konrad Adenauer, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) a été créée, réunissant catholiques et protestants allemands, réconciliés dans un même parti, pour défendre les valeurs chrétiennes. Le parti chrétien uni pouvait désormais gagner les élections.

En 1949, Adenauer, candidat de la CDU, devient chancelier fédéral et le reste jusqu’en 1963. Sous son mandat, l’Allemagne a pu se reconstruire et s’engager sur la voie d’un développement démocratique, pacifique et stable.

À quoi pouvons-nous espérer ?

Il existe trois questions cardinales d’Emmanuel Kant qui, selon le philosophe, expriment «  tous les intérêts de la raison  » : «  Que puis-je savoir ?  » ; «  Que dois-je faire ?  » ; «  Que puis-je espérer ?  ». Prenons la troisième et reformulons-la en lien avec notre question initiale. Formulons-la ainsi : le «  Moïse russe  » entrera-t-il en «  Terre promise  » et, si oui, comment et quand ?

L’expérience juive nous enseigne qu’il doit naître une nouvelle génération de l’Exode, qui n’a pas connu l’esclavage, et qu’un nouveau type de leadership doit émerger. L’expérience allemande souligne que la tyrannie, comme nouvelle forme de pouvoir pharaonique, est incompatible avec la vie libre. Une idéologie fondée sur la partialité n’a pas d’avenir non plus.

Cependant, ces deux expériences sont optimistes : une vie nouvelle en «  Terre promise  » est possible.

Pour la deuxième question, «  Que dois-je faire ?  », à l’époque de Moïse, la réponse était sans équivoque : il faut enseigner au peuple, le préparer à une vie nouvelle.

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