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Les scientifiques ont expliqué pourquoi les substances rares dans les éjections d’Encelade se rassemblent en petits blocs de glace séparés
Brouillon privé
Une équipe internationale de scientifiques dirigée par Frank Postberg de l’Université libre de Berlin a découvert qu’Encelade « trie » les substances de son océan sous-glaciaire avant de les projeter dans l’espace. Selon les auteurs, cela pourrait faciliter la recherche de composés rares, y compris de matière organique, dans de futures missions vers la lune de Saturne.
C’est ce qu’écrit The Insider en citant une étude publiée dans Science Advances. Les auteurs du travail ont étudié les données de la sonde « Cassini », qui captait des particules individuelles de l’anneau E de Saturne et en déterminait la composition.
Sous la croûte glacée d’Encelade se cache un océan global d’eau salée, et à travers des fissures au pôle sud, la lune projette des fontaines de vapeur et de grains de glace. Parmi plus de 7 300 particules, les chercheurs ont sélectionné 961 grains à forte teneur en sels et y ont trouvé au moins cinq groupes : avec du sel de table, du bicarbonate de soude, des phosphates et des composés de potassium.
Les différents sels se retrouvaient rarement ensemble. Les chlorures et les carbonates n’ont été détectés simultanément que dans 12 particules sur 858, alors qu’en cas de mélange aléatoire on en attendait environ 88.
Pour en vérifier la raison, les scientifiques ont congelé en laboratoire des gouttes d’une solution proche, par sa composition, des eaux d’Encelade. Ils ont établi que les sels se rassemblent en amas séparés si la goutte est suffisamment grande — plus d’une dizaine de micromètres — et refroidit lentement, à une vitesse ne dépassant pas 20 degrés par minute. Selon les calculs des auteurs, ce sont d’abord les phosphates qui cristallisent, vers moins un degré, puis les carbonates à partir de moins quatre degrés, et enfin les chlorures autour de moins 23 degrés.
Sur cette base, les chercheurs ont proposé une nouvelle image des éjections d’Encelade : au fond des fissures, des bulles de gaz éclatent, projetant des gouttelettes d’eau océanique de plusieurs centaines de micromètres, qui s’élèvent avec le flux de vapeur et gèlent pendant au moins une minute. Plus près de la surface, le flux accélère jusqu’à des centaines de mètres par seconde, les petits blocs de glace heurtent les parois des fissures et se fragmentent en éclats de quelques micromètres. La plupart de ces éclats ne contiennent qu’une seule substance, et les auteurs estiment que les composés organiques pourraient se séparer de la même façon.
À leur avis, les futures missions vers Encelade, qui étudieront l’habitabilité potentielle de la lune, devront analyser les particules séparément. Si l’on étudie toute l’éjection d’un seul coup, les composés séparés se remélangeront et leurs traces pourraient être plus difficiles à distinguer.

