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Reuters : Les États-Unis, sous Trump, ont expulsé 40 migrants LGBT vers des pays africains où ils risquent des persécutions
Brouillon privé
Reuters a établi que l’administration de Donald Trump a expulsé 40 migrants LGBT vers des pays tiers d’Afrique, où les relations entre personnes de même sexe sont passibles de sanctions pénales ou où les autorités américaines avaient signalé des persécutions contre des personnes LGBT. Selon l’enquête, 16 personnes se trouvent toujours dans les pays de destination, 16 ont ensuite été renvoyées de force dans leur pays d’origine, neuf se cachent dans d’autres États, et les proches ainsi que les avocats ont perdu contact avec une autre personne.
Reuters a retracé le sort des 40 migrants LGBT que les États-Unis ont envoyés dans des pays africains. Parmi eux figuraient des ressortissants de pays d’Afrique, ainsi que d’Irak, de Jamaïque et de Russie ; il s’agissait de personnes auxquelles les États-Unis avaient accordé une protection en raison du risque de persécution dans leur pays d’origine.
Une partie des migrants a été envoyée par les États-Unis en Sierra Leone, au Cameroun et en Eswatini, où les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont passibles de sanctions pénales. D’autres ont été expulsés vers la République centrafricaine, la Guinée équatoriale et la République démocratique du Congo, où les relations entre personnes du même sexe ne sont pas interdites par la loi, mais où le département d’État américain avait auparavant signalé des violences à l’encontre des personnes LGBT, notamment des viols dits correctifs et des thérapies de conversion.
Dans l’un des cas décrits, un ressortissant togolais, Abdu Latifou, a quitté les États-Unis après avoir été battu par une foule dans son pays d’origine et avoir reçu des menaces de mort en raison de sa relation avec un homme. Un tribunal américain a interdit de le renvoyer au Togo, mais en juin les autorités américaines ont envoyé Latifou en Sierra Leone, où les hommes peuvent risquer la prison à vie pour des relations entre personnes du même sexe.
Deux semaines plus tard, les autorités locales ont embarqué Latifou sur un avion à destination du Togo. Après son retour, il a de nouveau quitté le pays et a fini par s’installer en Côte d’Ivoire.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les autorités américaines ont largement intensifié le recours aux expulsions vers des États dont les personnes ne sont pas ressortissantes. Au total, plus de 40 000 personnes ont été expulsées des États-Unis dans ce cadre, dont environ 900 vers des pays d’Afrique, alors qu’avant le deuxième mandat présidentiel de Trump, de tels transferts vers des pays tiers étaient rarement utilisés.
Au ministère américain de la Sécurité intérieure, Reuters a indiqué que le service de l’immigration ne prend pas de décisions d’expulsion en fonction de l’orientation sexuelle et que l’éloignement vers des pays tiers constitue « un outil important pour garantir la sécurité publique ». Fin septembre, la Cour suprême des États-Unis a suspendu une décision d’une juridiction inférieure qui limitait de telles expulsions, ce qui a permis à l’administration Trump de poursuivre cette pratique jusqu’à l’examen du fond de l’affaire ; les audiences sont prévues en décembre.

