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Au Népal, le nombre de morts lors des inondations a dépassé le millier, plus de 600 travailleurs restent dans les tunnels des centrales hydroélectriques
Brouillon privé
L’agence népalaise des situations d’urgence a indiqué que le nombre de victimes de l’inondation dévastatrice à la frontière entre le Népal et le Tibet a dépassé 1 000 personnes. Plus de 3 900 personnes sont portées disparues, parmi elles plus de 600 travailleurs que les autorités estiment toujours retenus par un réseau de tunnels rempli de boue dans des installations hydroélectriques le long de la rivière Trishuli.
Les secouristes continuent de pomper de l’air dans les tunnels. Le 31 août, l’un des groupes a réussi à pénétrer dans le tunnel menant à la centrale hydroélectrique, mais il s’est retiré sans y trouver personne.
Les militaires mènent des travaux de dynamitage sur le flanc de la colline afin d’atteindre les travailleurs bloqués. L’opération est dirigée par un groupe international composé de militaires chinois et népalais, avec la participation de spécialistes de l’Inde, de la Corée et de l’Australie.
Le Premier ministre du Népal, Balendra Shah, a déclaré lundi que 279 personnes avaient été secourues sur les sites. Les proches des disparus estiment que l’air aurait dû être envoyé plus tôt dans les tunnels et se plaignent de la lenteur des opérations.
L’ingénieur australien Arnold Dix, qui aide à distance les autorités népalaises dans les recherches souterraines, a déclaré que les secouristes peinent à localiser les tunnels eux-mêmes. Selon lui, le paysage a changé au point d’être méconnaissable et « ressemble à un paysage lunaire », tandis que des blocs de roche plus grands que des maisons jonchent le chemin.
L’inondation a endommagé au moins 11 installations hydroélectriques déjà construites ou en construction. Dans la région de Chitwan, au Népal, bien en aval, les rivières ont rejeté près de 300 corps sur les berges, et, en raison du manque de réfrigérateurs, les autorités ont commencé à enterrer les restes non identifiés dans des fosses temporaires après avoir prélevé des échantillons d’ADN. Au ministère de la Santé, on a indiqué que seuls 4 % des 900 corps retrouvés avaient pu être identifiés.
Du côté tibétain, le bilan officiel des morts, selon les médias d’État chinois, s’élève à 16 personnes, et 546 autres sont portées disparues. Les images de l’inondation en Chine font l’objet d’une censure stricte, et ceux qui, sur Internet, suggèrent que le nombre réel de victimes est bien supérieur au chiffre officiel s’exposent à des sanctions administratives — allant d’avertissements et d’amendes à de brèves détentions ; les autorités népalaises ont également ordonné la suppression des contenus qu’elles considèrent comme de la désinformation sur l’inondation.
L’inondation a commencé le 26 août après la rupture d’un glacier à la frontière entre le Népal et la Chine. Initialement, l’US Geological Survey avait enregistré un séisme de magnitude 4,4 à 66 km au nord de Katmandou, mais il est ensuite apparu que la secousse avait été provoquée par un effondrement de glace et de roche. Parmi les disparus figuraient de nombreux touristes étrangers : le ministère ukrainien des Affaires étrangères a indiqué que 53 Ukrainiens étaient portés disparus, et l’ambassade de Russie au Népal — que le contact avait été perdu avec huit Russes.

